Toutes les ressources

Métiers

De 3 à 12 boutiques : dans quel ordre équiper ses systèmes

Caisse, stock, e-commerce, CRM, PIM : quand une marque passe de 3 à 12 boutiques, tout ne peut pas changer en même temps. Comment se construit l'ordre.

Par Zoé V., Rédactrice Pragmalon

Publié le · 3 min de lecture

Une marque de prêt-à-porter premium compte trois boutiques et un site marchand. Dans douze mois, elle en aura douze. Aujourd'hui, le stock se suit dans un tableur, les caisses des boutiques ne communiquent pas avec le site, et les fichiers clients sont tenus séparément en boutique et en ligne. Tout devra évoluer, mais ni le budget ni les équipes ne permettent de tout changer à la fois : il faut un ordre. L'exemple est fictif ; la question se pose à chaque marque en croissance.

Les systèmes en jeu

  • La caisse et le stock en boutique : ce qui est vendu, ce qui reste, et où
  • L'ERP, le logiciel de gestion qui centralise achats, stock, facturation et comptabilité
  • La plateforme e-commerce : le site, le panier, le paiement, les commandes
  • Le CRM, la base clients commune aux boutiques et au site
  • Le PIM, le référentiel des informations produit (descriptions, matières, photos, tailles) diffusées sur tous les canaux
  • Les outils d'analyse et d'intelligence artificielle, qui s'appuient sur les données des systèmes précédents

Commencer par ce qui bloque l'ouverture

La première question n'est pas de savoir quel outil est le meilleur, mais ce qui empêchera d'ouvrir la quatrième boutique. Avec un stock suivi dans un tableur, chaque point de vente supplémentaire multiplie les erreurs : pièces vendues deux fois, réassorts envoyés au mauvais endroit, inventaires impossibles à rapprocher. Un stock unique et à jour, partagé par les caisses et le site, est souvent la première brique, parce que la plupart des projets suivants en dépendent : la réservation en ligne, les transferts entre boutiques, la vente sur le site d'une pièce disponible en magasin.

Les dépendances décident de l'ordre

Un CRM commun n'a d'intérêt que si chaque vente, en boutique comme en ligne, est rattachée à un client identifié : il suppose des caisses capables de le faire et des équipes formées à le demander. Un PIM se justifie quand le nombre de références et de canaux rend la saisie manuelle des fiches produit trop coûteuse ou trop source d'erreurs ; pour une marque qui vend 300 références sur un seul site, ce n'est pas forcément l'urgence. Un outil de prévision par intelligence artificielle a besoin de plusieurs saisons de ventes fiables par référence et par boutique : installé sur des données incomplètes, il produit des prévisions fausses avec assurance.

Un ordre possible, et ses limites

Pour la marque de l'exemple, une feuille de route défendable pourrait se présenter ainsi :

  • Premier trimestre : stock unifié et caisses reliées au site, avant l'ouverture des boutiques 4 à 6
  • Deuxième trimestre : base clients commune et identification des clients en caisse, avec une part de ventes identifiées suivie chaque mois
  • Troisième trimestre : les services que le stock unifié rend possibles, comme la réservation en ligne et le retrait en boutique
  • Quatrième trimestre : référentiel produit si le catalogue s'élargit, et premiers outils d'analyse sur des données devenues fiables

Cet ordre n'est pas une règle. Une marque qui réalise l'essentiel de ses ventes en ligne commencera peut-être par sa plateforme e-commerce ; une marque dont le contrat d'ERP arrive à échéance devra peut-être le remplacer d'abord. Ce qui compte, c'est de pouvoir justifier chaque rang par une dépendance, un risque ou un gain chiffré.

Chiffrer chaque étape

Une direction ne valide pas une feuille de route sur des intentions. Pour chaque projet, elle attend un coût (licences, intégration, formation), un délai, ce que le projet rend possible et le risque de ne pas le faire. Le coût d'intégration, c'est-à-dire le travail nécessaire pour faire communiquer les systèmes entre eux, est souvent sous-estimé : un outil bon marché mais difficile à relier à la caisse et au site peut finir par coûter plus cher qu'une solution plus onéreuse et déjà compatible.

Les erreurs qui coûtent cher

  • Choisir l'outil avant d'avoir décrit les processus : comment un réassort se déclenche, qui crée une fiche client, qui valide un prix
  • Sous-estimer la reprise des données : des fichiers clients en double ou des références mal codées passent tels quels dans le nouveau système
  • Oublier les équipes en boutique : une caisse que les vendeurs ne maîtrisent pas un samedi fait perdre des ventes
  • Changer de système en pleine période forte, avant les soldes ou les fêtes, quand la moindre panne coûte le plus

Ce que recouvre la « culture digitale » des offres

Dans un poste e-commerce, retail ou systèmes d'information, la culture digitale demandée tient moins à la connaissance d'une liste d'outils qu'à trois choses : comprendre ce que fait chaque système, savoir de quoi il dépend, et proposer un ordre qu'une direction peut financer.